Louis XIV danse le Ballet des saisons, 27 juillet 1661 – Les Amis du Château de Fontainebleau

Louis XIV danse le Ballet des saisons, 27 juillet 1661

27 juillet 2020

Eté 1661. La Cour de Louis XIV s’est transportée à Fontainebleau et brille d’un éclat exceptionnel autour d’un jeune roi de 23 ans, décidé « à régner par lui-même » et désireux de divertissements galants. Le « bon air » de Fontainebleau convient à la reine qui est enceinte et, de ce fait, se tient à l’écart des plaisirs de ces journées enchantées. « Le bal, les comédies, les promenades en calèche et les chasses étaient fréquentes. Enfin de tout ce qui peut divertir ne semblait pas manquer dans cet agréable séjour. » (Madame de Motteville)

On le sait, le roi aime danser.  A l’âge de sept ans il commence l’apprentissage de la danse qui fait partie de l’éducation d’un gentilhomme, au même titre que l’escrime ou l’équitation. Une formation très importante pour un monarque, commencée avec Pierre Beauchamp, maitre à danser et compositeur qui l’a initié aux pas de la danse classique : chassés, assemblés, sisannes, met le fameux entrechat royal. La danse fait partie de la vie de cour, mêlant danse, musique et poésie. « La cour et le public raffolent de ces mascarades exotiques et fantaisistes qui déploient machines extraordinaires et habits rutilants. (Christian Petitfils). En 1653, dans le Ballet de la Nuit, Louis XIV est apparu dans le costume du soleil, utilisant ce divertissement prisé de tous à des fins politiques, s’installant dans le rôle de celui qui dissipe les ombres et les ténèbres en magnifiant la personne royale.

Durant cet été de gloire, de plaisirs, de jeux amoureux avec sa belle-sœur Henriette d’Angleterre, puis de passion foudroyante pour Mademoiselle de la Vallière, le roi va danser le Ballet des Saisons, un ballet à neuf entrées, sur un livret d’Isaac de Bensérade et une musique de Lully. Et, « quoique Louis XIV affectionnât particulièrement le rôle du Soleil, il représenta la blonde Cérès dans ce Ballet des Saisons, et c’est à la première représentation de ce ballet  que la blonde Cérès devint amoureuse de La Vallière, une de ses nymphes. (Castil Blaze dans  « l’Opéra Italien »)

Bien qu’il existât déjà une salle de spectacle dans le grand espace accessible depuis la cour de la Fontaine par l’escalier double de Primatice, cette salle de la Belle-Cheminée ayant supplanté l’ancienne salle de Bal Henri II dans sa fonction  de cadre aux réjouissances de la Cour, c’est en plein air, que se dansa le Ballet.  Ce fut à la tombée de la nuit, au bord de l’Etang, dans un théâtre mobile qui s’avança de façon invisible jusqu’aux spectateurs, avec un décor somptueux et des costumes précieux, taillés dans de superbes brocarts rebrodés d’or, de rubans et de pierres précieuses. « Le roi y dansa avec cette grâce qui accompagnait toutes ses actions, et cet air de maître qui, même sous le masque, le faisait remarquer entre les courtisans les mieux faits. » (Mémoires de l’Abbé de Choisy).

Semaines enchantées… le Ballet fut donné sept fois, de par la volonté d’un roi, dont la danse avait été un des plus grand plaisir.

Hélène Verlet

Illustrations :
Louis XIV en Apollon dans le Ballet La nuit. Dessin. Paris,  BNF Crédit Photo RMN agence Bulloz

La cour de la Fontaine, gravure de Perelle, Château de Fontainebleau, Crédit photo Alain le Toquin