La matière de l’œuvre d’art : la porcelaine – Les Amis du Château de Fontainebleau

La matière de l’œuvre d’art : la porcelaine

21 mai 2015

Venue du fond de la Chine,  en Allemagne d’abord (Meissen) puis en France, à  Vincennes et Sèvres, la fabrication de ces porcelaines « dures », cette « matière magique » fascina les cours d’Europe, et les commandes royales affluèrent durant tout le XVIIIème siècle. Le château de Fontainebleau possède ainsi plus de 130 pièces du service de Sèvres réalisé pour la table des petits appartements du roi Louis XV dans ce château, tous peints d’une couleur unique  qui donna son nom au service : le « camaieu carmin ». Quoique très coûteux en raison de l’utilisation de l’or, privilège accordée à la seule manufacture de Sèvres, sa relative simplicité correspondait au rang de  « résidence secondaire » qu’était  Fontainebleau au XVIIIème siècle.

Mais, en plus des restes épars et si précieux du service à dessert  « à fond rouge, papillons et fleurs »  livré en octobre 1809 pour l’usage de l’Empereur au palais de Fontainebleau, en plus d’environ trente pièces du Service particulier  de l’Empereur qui suivirent Napoléon à Sainte Hélène, des assiettes « vues diverses », du charmant « Déjeuner des peines et des plaisirs de l’amour » ayant appartenu à Marie Louise , de quelques assiettes  faisant partie du service « des chasses du château de Fontainebleau » estampillé Sèvres 1844, le château possède également une étonnante collection : 128 assiettes de Sèvres connue sous le nom de Service historique de Fontainebleau (1839-1844) encastrées dans le lambris d’une Galerie créée  sous Louis-Philippe pour remplacer une ancienne terrasse. Peintes avec réalisme et poésie, parfois au pinceau à un poil, par Jean-Charles Leloy et les artistes travaillant avec lui à la manufacture, elles témoignent du goût du roi pour l’histoire du château, pour d’autres demeures royales  et pour les paysages qu’il avait connus lors de ses différents voyages.