Anne d’Autriche en Minerve – Les Amis du Château de Fontainebleau

Anne d’Autriche en Minerve

2 février 2021

Portraits de pouvoir, portraits de beauté

2/10 Portrait d’Anne d’Autriche en Minerve par Gilbert de Sève

Lorsqu’en 1660 Anne d’Autriche s’installa dans l’Appartements des reines- mères, laissant à sa bru Marie-Thérèse d’Espagne la grande chambre et les cabinets dévolus à la reine, elle avait pris soin de faire rénover les pièces où elle allait désormais vivre. Réutilisant le plafond de l’ancienne chambre d’Henri II, éliminant les tableaux qu’elle trouvait licencieux, elle fit peindre au-dessus de chaque porte des sages peintures, son portrait et celui de Marie Thérèse, exécutés par Gilbert de Sève.

Celui-ci était depuis peu membre de l’Académie royale de peinture, fondée en 1648 à l’instigation de Charles le Brun, dont l’ambition était de former et rassembler les meilleurs artistes du royaume. Il travaillait dans l’atelier de Charles Errard qui avait déjà œuvré pour la décoration de ces pièces, leur donnant toute la magnificence que la reine Anne souhaitait pour elle.

Le portrait, peint en 1662, la représente en Minerve, déesse de la sagesse qui l’inspira sans doute dans les grandes épreuves de sa vue. Sa confidente, Madame de Motteville loue la sérénité et la fermeté dont elle fit preuve, en particulier durant les cruelles années de la Fronde. Connue pour être une des plus remarquables beautés de son royaume, la reine apparait ici en toute majesté, posant sa main droite sur le casque de la déesse et tenant de la main gauche la lance, autre attribut de Minerve, (ornée souvent de la tête chevelue de la méduse). Les couleurs acides de sa robe, qui rappellent les tableaux d’Ambroise Dubois, éclairent le fond sombre du tableau. Le regard est impérieux

Le cadre, en bois doré, lourdement décoré de putti tenant des guirlandes de fleurs et de fruits, est dominé par une figure masculine, sans doute Jupiter. Il fait écho à l’exubérance décorative très prisée à l’époque et témoigne des  décors emblématiques de Fontainebleau.

Dans ce tableau, pouvoir et beauté se répondent.

H.V