19 janvier 1544. Naissance de François II à Fontainebleau

Un jour heureux en plein hiver dans ce château qu’on dit protégé des maladies et de ses miasmes : La jeune princesse Catherine de Médicis, mariée depuis 10 ans à Henri, second fils de François Ier, vient de mettre au monde un garçon auquel est donné le nom de son grand père, et qui sera baptisé dans la Chapelle de la Trinité quatre semaines plus tard.  A la longue période de stérilité de Catherine succède ensuite la naissance de 9 enfants, mais, entretemps, le dauphin François qui devait succéder à son père est mort, Henri est devenu le futur roi, accédant au trône lorsque celui-ci s’éteint en 1547.

Qui devine les ombres qui vont obscurcir le destin de ce jeune François : Une mère souvent humiliée par la présence de la belle Diane de Poitiers, favorite rayonnante de son père. Une santé fragile, avec des otites qui se surinfectent, et aboutiront à un mortel abcès au cerveau. Un mariage strictement politique avec l’enfantine reine d’Ecosse, Marie Stuart, que les oncles, les princes de Guise- Lorraine manipulent pour diviser le royaume, puis le drame absolu, la mort si prématurée de son père, en 1559, dans un tournoi qui ne devait être qu’une réjouissance, et qui porte à la couronne de France un adolescent de quinze ans, peu préparé à régner sur une France déjà troublée par des conflits politico- religieux.

Sa mère, Catherine de Médicis ne quittera plus des vêtements de grand deuil. Elle tente alors d’endiguer la montée des violences entre  deux camps.  Le camp des Guise-Lorraine, ultra catholiques, qui mènent une politique d’austérité draconienne contribuant à leur impopularité.  Et le sien qui s’appuie sur le Prince de Condé et prônerait plutôt la tolérance, loin de la politique répressive  à l’égard des protestants, initiée par le roi Henri II, ce qui va aboutir aux tragiques épisodes de la conjuration d’Amboise, prélude des massacres, treize ans plus tard,  de la Saint Barthélémy.

Et dans ce climat de presque guerre civile, compliquée de tension avec Elisabeth d’Angleterre et les Ecossais, la santé de François se détériore gravement. Après un court règne de 17 mois il meurt sans descendance le 5 décembre 1560. Son frère cadet Charles, âgé de dix ans, lui succède  et  Catherine de Médicis est nommée « gouvernante de France ». Les Guise se retirent de la cour. Marie Stuart, veuve de François II, retourne en Ecosse vers son funeste destin. .

Mais malgré les conflits dramatiques et la guerre, Catherine de Médicis, très tôt remarquée par François Ier, son beau-père pour son intelligence et son goût pour les arts, entend poursuivre une politique culturelle au service de la monarchie. La cour de Catherine de Médicis est une succession de fêtes, de bals et de jeux « pour tenir les Français joyeux et occupés » comme elle l’écrit elle-même. C’est ainsi qu’en février-mars 1564 le château de Fontainebleau fut le théâtre des fêtes les plus somptueuses que le royaume ait connu.

Et la tradition ne se perd pas …puisqu’à l’automne 2020 le château s’ouvrira de nouveau à la fête dans le cadre de sa grande exposition « L’Art de la fête à la cour des Valois ».

Hélène Verlet

Tapisserie “La fête des Valois”. Laine, soie, fils d’argent . Musée des Offices-Florence.