L’hôtel de Beauharnais, 2 mars 2015

Construit en 1713 pour Germain Boffrand,  rapidement vendu à Jean-Baptiste Colbert de Torcy, neveu du ministre de Louis XIV, il fut occupé par le duc de Villeroy. Eugène de Beauharnais, fils de l’épouse du Premier consul, en fit l’acquisition en 1803, pour 200 000 francs.

De 1803 à 1805, Joséphine et sa fille Hortense présidèrent au luxueux aménagement de l’hôtel, dans le style nouveau du Consulat et du début de l’Empire. Le prince Eugène, devenu vice-roi d’Italie en 1805, n’y fit que de brefs séjours.

Napoléon, furieux du coût exorbitant des travaux de rénovation de l’hôtel, qui auraient couté un million de francs, en retira l’usage à Eugène, dès février 1806. L’hôtel devint une résidence officielle de la Couronne, réservée aux invités de l’Empereur, en visite à Paris. Le roi de Prusse l’occupât après l’entrée des troupes alliées à Paris, puis le racheta pour en faire la légation de la Prusse. A la naissance de l’empire allemand en 1871, l’hôtel de Beauharnais devint le siège de son ambassade. Confisqué en 1944 et classé monument historique, l’hôtel redevint ambassade d’Allemagne en 1962 et fit l’objet de grands travaux de restauration jusqu’en 1968.

Les ornements décoratifs des différentes pièces de l’hôtel ont été conservés, ainsi que le mobilier du prince Eugène. L’hôtel de Beauharnais demeure un des hôtels particuliers parisiens parmi les plus beaux et les mieux conservés, avec ses décors et son mobilier du Consulat et de l’Empire, sa cour intérieure ouverte par un porche monumental sur la rue de Lille, et son jardin dominant le quai Anatole France et la Seine.

Il est des lieux qui dégagent une atmosphère particulière, qui donnent l’impression d’entrer dans un espace plus riche en histoires que les livres d’histoire aux-mêmes”