Portrait équestre d’Henri IV – Les Amis du Château de Fontainebleau

Portrait équestre d’Henri IV

16 janvier 2021

Portraits de pouvoir, portraits de beauté

1/10. Portrait équestre d’Henri IV

Le château de Fontainebleau ne manque pas de représentations d’Henri IV,    « Le grand Roi » ainsi nommé par le Père Dan , son premier historien. On peut admirer, dans la deuxième salle Saint-Louis, le large bas-relief de marbre de Matthieu Jacquet, prestigieux morceau de la Belle cheminée. On peut aussi, apercevoir, dans la première salle Saint-Louis, un petit tableau en tapisserie de Cozette dont la douceur émeut à tout âge.

Mais à ceux qui peuvent s’avancer dans la Galerie de Diane se révèle la plus orgueilleuse des représentations du roi, le portrait équestre d’Henri IV peint par Jean Baptiste Mauzaisse, dont l’original se trouve au château de Pau où Henri de Bourbon naquit en 1553.  Une copie dans un cadre de bois doré subsiste seule entre les seize grands corps de bibliothèque en chêne installés par Napoléon III, remplaçant les seize grandes toiles magnifiant l’épopée des hauts faits de Napoléon Ier que l’Empereur avait commandées à la manière de la grande Galerie du Louvre.  Les travaux ordonnés sous le second Empire   entrainèrent la dispersion des tableaux, sauf cette grande toile d’Henri IV.

Peint en 1824, durant le règne de Louis XVIII, ce tableau, cheval blanc, plume orgueilleuse, écharpe flottante, et regard imposant, renvoie à l’image d’un roi « victorieux, pacificateur et légitime » (Christophe Beyeler), qui incarne le fier ancêtre auquel voulait se rattacher ses descendants, les Bourbons, remontés sur le trône après la chute de Napoléon Ier.  La Restauration conduisit à une réécriture de l’histoire de France, dont témoigne ce romantique et joyeux portrait d’Henri IV. En 1834, quelques années plus tard, la Comtesse de Boigne rappelle dans ses mémoires qu’à Fontainebleau, « c’était la première fois que je voyais le roi (il s’agit alors de Louis Philippe) oser se souvenir qu’il était petit fils d’Henri IV. Cette demeure si aristocratique rappelait le sang Bourbon dans ses veines et il y prenait goût. »

Ainsi se déconstruit et se reconstruit l’histoire.

H.V.