Huit meubles d’exception : 2/8, Les commodes de la chambre de la Reine – Les Amis du Château de Fontainebleau

Huit meubles d’exception : 2/8, Les commodes de la chambre de la Reine

14 octobre 2021

Deux commodes pour le prix d’une, pourrait-on dire, en regardant les très beaux meubles installés aujourd’hui dans la chambre de la Reine.  Au départ c’est une seule pièce, une commode de l’ébéniste Stöckel, embellie par l’achat de plaques de la manufacture de Sèvres. Sous la responsabilité de Hauré, Benneman fut chargé de copier sur le même modèle une deuxième commode en utilisant  un bâti récent  et, « raclant sur le bois d’acajou », d’y  fixer des bronze neufs. Destinées à Compiègne, à peine achevés, il fut cependant décidé d’envoyer ces meubles à Fontainebleau où ils arrivèrent juste pour le séjour d’automne de 1786, dernier séjour de la Marie- Antoinette à Fontainebleau, et ils furent alors installés dans le grand Salon des jeux de la reine.

La Révolution a vidé le palais, et, comme les plus beaux meubles listés sur inventaire, ces commodes sont envoyés au Garde-Meubles du Directoire puis au Palais du Luxembourg, mais elles reviennent à Fontainebleau sous l’Empire, ainsi décrites « 2 commodes de forme ancienne, acajou orné de cuivre doré et 3 médaillons chaque dont un camé sur le devant et deux en porcelaine à fleurs colorées sur les coté, à 2 vantaux et 3 tiroirs, 6 autres tiroirs dans l’intérieur, marbre blanc ».

Après plusieurs décennies à Paris, ces meubles d’exception retrouvent leur place à Fontainebleau. Ils sont d’abord installés dans le Grand salon des jeux de la reine. Bien souvent copiés durant le XIXème siècle, ils sont alors « virilisées » avec des plaques en bronze remplaçant la porcelaine et appelés « commode aux faisceaux ». On voit ces copies à Versailles, au Louvre et à Fontainebleau même dans l’Appartement du Pape.  Lorsque le Salon des jeux fut remeublé dans son état « Empire », les commodes sont placées dans la chambre de la Reine où on peut les admirer aujourd’hui devant les soieries magnifiquement retissées et réinstallées durant les années 1965/1980.

Hélène Verlet