Visite de la Manufacture des Gobelins

Mardi 24 janvier 2012, les Amis du château de Fontainebleau ont eu la chance, durant un après-midi, de découvrir les ateliers de la Manufacture des Gobelins à Paris.

Histoire résumée de la manufacture : Héritière depuis le XVè siècle des ateliers de teinture  établis sur les bords de la Bièvre (dont celui d’un certain Jehan Gobelin..), la Manufacture Royale fut officiellement organisée par Colbert en 1667 et confiée à Charles Le Brun. Elle regroupait alors les ateliers de Paris et ceux de Maincy (près de Vaux-le-vicomte) qui avaient été confisqués à Fouquet.

Depuis 1826, elle abrite en son enclos les anciens ateliers de tapis de la Savonnerie, appelés ainsi car installés au départ dans une ancienne usine de savon près de la colline de Chaillot, puis ceux de la manufacture de Beauvais détruits par un incendie durant la guerre (une partie des métiers a regagné Beauvais en 1989). Rattachée en1937 à l’administration du Mobilier national, et réouverte au public en 2007, elle forme un vaste ensemble  de restauration bien sûr, mais aussi de création.

Ainsi au fil des siècles, plus de 5000 tapis et tapisseries ont ici vu le jour à partir des cartons des plus grands maîtres : Le Brun, Poussin, Van Loo, Coypel…. mais aussi Sonia Delaunay, Dufy, Vasarely, Picasso ou Poliakoff…

Notre visite s’est déroulée en deux temps :

La première partie de la visite était libre et a permis aux Amis du château de parcourir l’exposition inédite d’art contemporain “Décor & installations” située dans la galerie nationale de la tapisserie. Cette exposition rassemble 31 artistes de la scène française associés au Mobilier national par leurs réalisations. L’exposition met en scène environ 120 œuvres de formats divers, souvent, de dimensions monumentales.

Voici quelques photos de vues d’ensemble de l’exposition prises par Yvan Moreau (autorisation de la Manufacture des Gobelins) :

 

Puis, les Amis du Château ont pu visiter les ateliers de tissages. Nous avons suivi  le beau travail des lissiers en découvrant la technique de haute lisse (le lissier est installé derrière le métier, il travaille à contre-jour sur l’envers de la tapisserie) mais aussi la technique de basse lisse (ces lissiers se consacrent principalement à la transposition de cartons originaux d’artistes contemporains). Nous avons aussi pu admirer le magnifique travail  du point noué sur les métiers de haute lisse permettant la production des tapis. Les lissiers sont formés à la manufacture durant 3 années puis sont recrutés sur concours d’État. Ce sont de véritables créateurs travaillant de 5 à 10 ans sur l’une de ces œuvres d’art destinées au Mobilier national. (photos Copyright : Sophie Zenon).