Restauration de l’Escalier en fer à cheval

Les travaux de restauration de l’Escalier en fer à cheval débutent, les visiteurs ont pu constater l’installation des premières palissades qui couvriront la première zone à restaurer. Cette première phase [décoration autour de la partie centrale et de la porte principale] se déroulera de septembre 2019 à février 2020. La deuxième phase [terrasses et balustrade] obligera à une autre protection et se terminera en octobre 2020. Quant à la troisième phase [les marches] , elle aussi avec une  protection adaptée,  elle se terminera en octobre 2021. Ces palissades de protection devraient être recouvertes de bâches spécifiques financées par mécénat.

Nous reproduisons ci-après un extrait du dossier qui a permis le financement des travaux.

UN ESCALIER DE GRÈS
Si les marches sont en calcaire, l’architecture proprement dite de l’escalier est en grès, comme les soubassements des façades de part et d’autre.
Sous Louis XIII, Jean Androuet du Cerceau qui réalise le nouvel escalier renoue avec le grès rustique mais les architectes de Louis XV et de Louis XVI le rejettent à nouveau. Ce rejet se manifeste par l’usage du badigeon
de chaux. Nous savons aujourd’hui qu’il mobilise les sels métalliques inclus dans la pierre et donne à terme une teinte noire lisse et brillante.
L’aspect actuel de l’escalier et sa sensibilité très grande aux précipitations tiennent au matériau qui le constitue: très poreux, il a tendance à retenir l’eau, ce qui favorise l’altération de la pierre et la prolifération biologique, sous forme de mousses, de lichens et d’algues. Ce sont les algues, extrêmement hydrophiles qui donnent à l’escalier sa teinte noire soutenue à la moindre pluie. Fontainebleau et son emblème illustrent les évolutions des méthodes et tendances suivies par les architectes à travers les siècles. Si le château de François Ier est de brique et de grès, les calcaires blonds de Saint-Leu et de Saint-Maximin prennent le dessus à partir d’Henri II.

Le grès et la restauration
Le grès est réputé délicat à restaurer et fait l’objet de nombreuses études, notamment à l’échelle européenne. Une grande partie de l’architecture du continent est en effet constituée de grès, de l’Espagne à l’Allemagne.
L’escalier en Fer-à-cheval a bénéficié d’études exhaustives, de sondages et de constats détaillés permettant de dessiner les contours d’une restauration ambitieuse englobant non seulement l’escalier, mais également la terrasse supérieure, le vestibule et les décors sculptés de la façade.

LA RESTAURATION
L’escalier en Fer-à-Cheval constitue un ensemble monumental unique qui singularise la façade du château de Fontainebleau. Les études effectuées en prévision de sa restauration ont révélé sa complexité et son étendue qui ne se résume pas aux seuls emmarchements. Il faut en effet considérer l’escalier avec sa façade sculptée qui marque l’entrée des appartements des souverains, son vestibule offrant un accès à la chapelle de la Trinité, ainsi que la terrasse supérieure aux balustrades décorées des caducées de Louis XIII.
Les études ont permis également de détailler les désordres subis par l’escalier et de proposer un traitement du grès. Les investigations ont montré que le noircissement spectaculaire de l’escalier tenait à une colonisation biologique importante et que cette dernière trouvait son
origine dans l’histoire compliquée de l’escalier, restauré à maintes reprises,
sans avoir jamais convenablement identifié l’origine des problèmes auxquels on cherchait à remédier. Jointe à l’utilisation de produits inadaptés, l’absence de gestion de l’eau est l’orginie des désordres relevés.
La restauration proposée est ambitieuse et réaliste. Elle s’articule autour
de deux axes:
– la restauration de l’escalier
– la restauration des parties limitrophes (façade, terrasse et vestibule)
Elle passe à la fois par un travail fondamental d’amélioration de la maîtrise
de l’eau, par une purge systématique des matériaux de restauration
néfastes et par un travail fin sur les épidermes.