La matière de l’œuvre d’art : les tapis de la Savonnerie

« La beauté et la perfection des tapis de la Savonnerie, ces créations voulues par Louis XIV et continuées par ses successeurs tout au long des siècles suivants » (Pierre Arizzoli-Clémentel), se présentent encore dans plusieurs lieux du château de Fontainebleau. Exposé à l’émerveillement des visiteurs, le tapis de la tribune de la Chapelle de la Trinité, envoyé à Fontainebleau en 1857 n’est, en fait, que le morceau central du grand tapis livré par la manufacture en 1810 pour la salle du Trône du palais des Tuileries lors du mariage de Napoléon avec Marie Louise d’Autriche, une des œuvres majeures des productions du XIXème siècle.

Il s’ornait alors en son centre d’un  aigle aux ailes déployées, mais la Restauration fit disparaitre cet emblème impérial et retisser les fleurs de lys se détachant sur un bleu profond, entourées du chatoiement des couleurs claires des arabesques signées Jean-Demosthène Dugourd.