Don d’un portefeuille au chiffre couronné de Marie-Louise

Philippe Copin, antiquaire et collectionneur, membre de la Société des Amis du château de Fontainebleau, a offert au musée Napoléon Ier un portefeuille au chiffre couronné de Marie-Louise, duchesse de Parme et veuve de l’empereur Napoléon Ier.

  Ce don fait suite à une conférence donnée par Christophe Beyeler à la Galerie de Penthièvre à Paris (45 rue de Penthièvre, VIIIe arrondissement) le 6 décembre 2017 pour la signature du livre « Napoléon, l’art en majesté », où l’auteur appelait à la libéralité des collectionneurs privées, dûment détaillée dans le chapitre final à dessein intitulé  « Générosités passées, présentes et futures ». Cet appel, répercuté par le  galeriste Maxime Charron, a retenu l’attention de Philippe Copin qui, suite à une visite guidée détaillée du musée Napoléon Ier reconfiguré en février 2018, a offert cette œuvre en souvenir de sa grand-mère Mme Margueritte Merlhe, née Gouney (1893-1970). Cette Bellifontaine, veuve du chef d’escadron Gaston Merlhe (1884-1951), habitait 10, rue du Coq-Gris à Fontainebleau, et était très attachée à sa ville.

Un fragment d’Histoire

  Ce petit portefeuille, en maroquin à long grain et de couleur  prune, est frappé à l’or au chiffre couronné de Marie-Louise duchesse de Parme, et orné de filets fleuronnés.  Il comporte une partie fixe, un volet intercalaire – tous deux présentant sur le pourtour un papier imprimé au motif de liseré végétal (sorte de laurier stylisé)-, et une pochette fixe à soufflet mobile. Il se ferme par un rabat en forme de languette, qui porte le monogramme couronné, et s’insère dans une ganse horizontale.

  Cette pièce, modeste mais émouvante, révèle la longue souveraineté italienne de Marie-Louise duchesse de Parme (1814-1846). A l’issue du Congrès de Vienne, Marie-Louise parvint par sa ténacité à obtenir la souveraineté viagère du duché de Parme, Etat italien théoriquement indépendant mais sous influence autrichienne, où elle régna jusqu’à sa mort en 1846. Stendhal y campa sa Chartreuse de Parme.

   Ce don d’un Belllifontain d’origine permet  de donner en France, au palais ex-impérial de Fontainebleau, un écho au Museo Glauco Lombardi de Parme qui cristallise des souvenirs intimes liées à Marie-Louise.

Insertion dans les collections du musée Napoléon Ier

  Le Musée Napoléon  Ier du château de Fontainebleau  consacre une salle à la figure de « Marie-Louise impératrice des Français (1810-1814) », deux à celle du « Roi de Rome », et une salle « Lendemains d’Empire. Adieux, exils, mémoires », où sont concentrées de nombreuses œuvres concernant l’ex-roi de Rome devenu duc de Reichstadt, dont le collier de l’ordre constantinien de Parme fondé par Marie-Louise et décerné à son fils retenu par son grand-père maternel  en Autriche.

Ce petit portefeuille joue avec un recueil en cinq volumes, provenant de la bibliothèque de Marie-Louise duchesse de Parme, frappé sur les plats du même monogramme ML couronné.  Les pièces, dont certaines plaquettes et brochures rares, et la plupart parues en 1821, sont intelligemment rassemblées, classées en cinq volumes thématiques et reliées au chiffre de Marie-Louise. Ce recueil,  abondant et divers, comprend certaines pièces très rares, dont la plus tardive est la Réfutation des assertions de M. Thiers dans son histoire du Consulat et de l’Empire par la princesse de Canino, veuve de Lucien Bonaparte, parue en 1845, soit du vivant de Marie-Louise morte en 1846. Dans cette somme, riche de pièces rédigées à la suite de l’annonce du décès de Napoléon, Marie-Louise embrasse le souvenir de son premier mari et étreint le passé au soir de sa vie. Ce recueil au chiffre couronné de Marie-Louise permet de camper la seconde épouse parmi la constellation des souverains déchus à la chute de « l’astre du monde », souverains recyclés ou dispersés en Europe, taraudés par la nostalgie et obsédés par les enjeux de mémoire.

    A terme, en 2028, le musée Napoléon Ier redéployé présentera une salle  entièrement consacrée aux Bonaparte et apparentés en exil ou recyclés sur des trônes européens. Ce portefeuille, modeste mais émouvant, révèlera la longue souveraineté italienne de Marie-Louise duchesse de Parme (après avril 1814-1846).

Christophe Beyeler

Conservateur en chef du patrimoine chargé du musée Napoléon Ier et du cabinet napoléonien des arts graphiques  du Château de Fontainebleau.

Tout donateur potentiel (d’objets, armes, estampes dont caricatures) peut s’adresser à : christophe.beyeler@chateaudefontainebleau.fr ; tel. 01 60 71 50 82.